Historique


L'Arboretum dit Arborétum de Jouéou a été consacré en 2002 au Professeur Henri Gaussen, son fondateur.
Géographe et biogéographe de renommée internationale, Henri Gaussen fut également un des plus célèbres botanistes du 20ème siècle.

Ce passionné des arbres, auteur d'une très abondante littérature, fut considéré comme un des grands spécialistes des conifères. Au sein de la Faculté des Sciences de Toulouse, il a su s'entourer d'une équipe de chercheurs passionnés. Durant plus de 60 ans, ce groupe publia une multitude de bulletins sur leurs recherches botaniques. Ces travaux ont permis d'importantes découvertes et plusieurs dizaines d'espèces nouvelles ont été décrites dans leur Laboratoire.



En 1921, Gaussen crée le Laboratoire sylvo-pastoral, au lieu-dit de Jouéou. Il eut l'idée d'implanter sur ce site un arboretum de recherche dendrologique. Le projet vit le jour en 1928. Le Laboratoire Forestier de Toulouse sera, durant des décennies, le théâtre d'une formidable aventure scientifique. L'objectif principal était de constituer une collection vivante, aussi complète que possible pour pallier à l'insuffisance des échantillons d'herbier dans les études botaniques des arbres. Les publications des "Travaux du Laboratoire Forestier de Toulouse" contiennent de nombreux articles qui sont le fruit d'observations et d'études faites à Jouéou.


Parvenant du Monde entier, des milliers d'arbres furent plantés. Des graines récoltées par d'illustres explorateurs et botanistes, comme Wilson, Forrest, Rock, Cheng, Martinez etc. ont été semées. De prestigieux organismes internationaux ont également collaboré à cette collection tel : Kew, Arnold Arboretum, Morton Arboretum, Jardin Botanique de Nanking, ainsi que des français comme Vilmorin, Les Barres, La Villa Thuret etc.... Il faudrait également citer les Services Forestiers et de nombreux Jardins Botaniques de tous les continents, pour avoir un aperçu de la mobilisation générée par ce projet.

Grâce à ses relations, Gaussen a obtenu des plantes provenant directement de la nature ce qui est rarement possible aujourd'hui et qui rend cette collection très précieuse.


Il subsiste environ 250 arbres sur les milliers qui ont été plantés.

Situation de l'arboretum

  • au sud de Bagnères-de -Luchon, en direction de l'Hospice de France
  • Altitude 1000 m, fond de vallée Nord-Sud
  • encaissé


Conditions écologiques
 

  • sol profond, meuble, frais, pH voisin de la neutralité
  • température moyenne annuelle: environ 10°C. Valeurs extrêmes: +32°C, -25°C (1956), -17°C (1962)
  • précipitations: environ 1900 mm par an, dont le maximum se place au printemps, même par beau temps l'état hygrométrique est toujours élevé. L'enneigement est de 1m environ entre Janvier et Février. Ensoleillement restreint, en été, le soleil apparaît à 9h pour disparaître à 17h. Au moment de Noël, l'arboretum ne reçoit qu'une heure de soleil par jour.

Disposition des arbres

  • Chaque carré a une superficie de 25 m2 et comportait quatre plants, dont trois furent généralement supprimés.
  • Les arbres sont placés de façon systématique et sont séparés géographiquement: espèces américaines vers l'Ouest, méditérranéennes et européennes au centre, asiatiques à l'est.

La collection comprend deux sections


Le grand arboretum

La collection botanique de Conifères où chaque espèce est représentée par un à quatre individus, suivant leur taille. Elle contient plus d'une centaine d'espèces, en majeure partie provenant de l'Amérique du Nord et de l'Eurasie. Elles sont classées par genres, et dans chaque genre par origine géographique. Sapins, épicéas, pins, mélèzes et if sont bien représentés ainsi que douglas, tsugas, cèdres, thuyas, chamaecyparis, séquoias... A noter en particulier le Sciadopytis et les Cryptomeria tous deux japonais, le Ginkgo et les Metasequoia chinois, véritables fossiles vivants. L'Amérique du sud est présente grâce à l'Araucaria du Chili et l'Australie par un Prumnopitys.


Toutefois si les conditions climatiques sont idéales pour beaucoup d'espèces, d'autres se trouvent en difficultés ou même ne peuvent survivre en raison de la trop forte humidité et de l'ensoleillement limité du site. C'est par exemple le cas du pin à crochets, arbre pyrénéen, mais adapté au climat lumineux de la haute altitude, il ne peut survivre à Jouéou. Cela explique la pauvreté de l'Arboretum en genévriers et cyprès, arbres de régions sèches, pour lesquels l'humidité de Jouéou est fatale. Autre particularité, la sensibilité au gel du sapin de Sibérie : dans son pays d'origine le froid est bien plus rigoureux que dans les Pyrénées, mais l'arrivée du printemps est brutale et définitive. Les sautes de températures de notre climat surprennent les jeunes pousses qui démarrent trop tôt.

Le bizarretum ou arboretum Salvador

La deuxième section est celle des races et variétés. Elle est destinée à comparer côte à côte des arbres appartenant à la même espèce mais de provenances différentes. Par exemple, l'aire du pin sylvestre s'étend, de façon discontinue, de la Finlande au Sud de l'Espagne. Sur toute cette étendue, plusieurs races se sont différenciées. Leur plantation sur une même parcelle apporte des renseignements intéressants sur leur biologie. Parmi les autres arbres de cette parcelle, on trouve le pin noir dont les différentes sous-espèces se rencontrent sur le pourtour de la Méditerranée, le sapin des montagnes européennes, le cèdre de l'Atlas...

Des dépliants en anglais et en espagnol sont disponibles sur ce lien (for english and spanish informations, please click on this link)