Au cours du temps l’Homme a dû faire face à une impérieuse nécessité : distinguer les plantes utiles de celles qui tuent. Il a appris à les utiliser pour son alimentation (fruits, feuilles, graines, tubercules, racines…), son artisanat (fibres textiles, colorants…) et à reconnaître les espèces d’intérêt médicinal ou les poisons. Ainsi, pendant des millénaires, botanique et médecine se confondaient.

En Occident, ce n’est qu’à partir des XVe et XVIe siècles que la botanique est peu à peu devenue une science autonome.

De nos jours, la pharmacopée fait largement appel aux propriétés des plantes pour la recherche et la production de ses médicaments : les deux tiers de ceux-ci sont composés de molécules issues du monde végétal.

Ce potentiel thérapeutique demeure immense et encore à peine exploré. La collection ethnobotanique rassemble des espèces indigènes communes et des espèces exotiques naturalisées dans nos régions. Les plantes sont distribuées selon leurs propriétés et utilisations, essentiellement médicinales (“ simples ” d’autrefois ou espèces aujourd’hui exploitées par l’industrie pharmaceutique, cosmétique, etc.).
 

Système circulatoire

Le système circulatoire est un système d’organes en circuit qui permettent le déplacement du sang dans l’organisme afin d’assurer le transport et l’échange des nutriments et de l’oxygène vers les cellules. Ce circuit permet aussi de collecter des déchets, comme le dioxyde de carbone.

Les plantes destinées à la stimulation de la circulation sanguine sont souvent riches en antioxydants mais aussi en vitamines.

Dans le domaine médical, elles sont employées pour divers effets :

  • elles dilatent les vaisseaux, et permettent ainsi d'améliorer et de tonifier la distribution sanguine
  • elles peuvent favoriser la circulation artérielle comme le Ginkgo biloba ou le petit houx
  • elles peuvent tonifier la circulation veineuse comme le marronnier d’Inde, l'hamamélis ou encore la vigne rouge
  • elles peuvent renforcer les capillaires sanguins comme la vigne rouge, l'hamamélis ou la myrtille
 

Focus sur

Le petit houx (Ruscus aculeatus)

Cette plante, commune en Europe, est utilisée traditionnellement dans la pharmacopée européenne. En effet, les rhizomes séchés sont utilisés contre les troubles circulatoires veineux mineurs.
Elle peut également être employée pour soulager les démangeaisons et les brûlures associés aux hémorroïdes.

Système cutané

Il existe deux grands emplois principaux pour les plantes agissant sur le système cutané.

En premier lieu, la voie interne.
Les plantes sont ici utilisées en préparations buvables pour permettre de résorber les problèmes d’ordre cutanés comme par exemple l'aloès, l'avoine, l'onagre, et la violette.

En second lieu, la voie externe.
Si certaines plantes présentent des substances impropres à l’ingestion, elles peuvent s’avérer être très efficaces en usage local. C'est le cas de l'agrimoine, de la chélidoine, ou encore du calendula.

Focus sur

Calendula officinalis L.
Calendula officinalis L. - © SCECCP, UT3

le souci officinal (Calendula officinalis L.)

Usité et connu depuis plusieurs siècles, le calendula ou souci officinal a de nombreuses propriétés parmi lesquelles des effets réparateurs, cicatrisants, protecteurs et anti-oxydants. C'est pourquoi on le rencontre par exemple fréquemment dans les produits cosmétiques et dermatologiques.

Système digestif

Certaines plantes favorisent l’appétit et la digestion. Il est possible de les différencier selon plusieurs catégories.

  • les aromatiques : remarquables par leur goût, saveur, odeur, elles sont largement utilisées en agroalimentaire.
  • les plantes stimulant l’appétit favorisent la sécrétion de salive, de sucs gastriques et l’élimination de toxines. Pour cela, nous pouvons compter sur le fenugrec, l'achillée millefeuille, et même l'absinthe.
  • les plantes stimulant la digestion : les sécrétions de l’estomac sont ici augmentées par des plantes comme la chicorée sauvage, le curcuma, ou le chardon-marie.
  • les plantes cholagogues et cholérétiques : les plantes dites cholagogues favorisent l’élimination de la bile alors que celles dites cholérétiques favorisent la sécrétion biliaire. L'aneth ou le radis noir, par exemple, font partis de cette catégorie.
  • les plantes pour les intestins permettent l’évacuation des gaz intestinaux ou flatulences. Les plantes alors employées sont notamment la gentiane jaune ou la menthe poivrée.
  • les plantes aux propriétés émollientes permettent le relâchement de la peau. On compte parmi elles l'aloès du Cap et le plantain des Indes.
  • les plantes laxatives augmentent le transit intestinal comme par exemple le séné ou la rhubarbe de Chine.
  • les plantes purgatives augmentent l’évacuation intestinale comme le fait la bourdaine.
  • les plantes vermifuges aident à l’élimination des parasites. La grande absinthe peut être employée à cette fin.

Focus sur

la sauge (Salvia officinalis)

Ses feuilles sont employées dans la pharmacopée européenne en infusion et décoction contre les brûlures d’estomac et les ballonnements.
Elle peut également soulager les inflammations de la bouche ou de la gorge et les inflammations cutanées mineures.

Système génital

Concernant le système génital féminin, plusieurs plantes peuvent être employées pour différents effets.

  • les phytohormones stimulent le cycle menstruel
  •  les emménagogues provoquent ou régularisent le cycle menstruel et servent à stimuler le flux sanguin dans l’utérus comme par exemple la bourse-à-pasteur, le fenouil, ou le gattilier
  •  d’autres encore interviennent plutôt sur la sécrétion d’hormones

Concernant le système génital masculin, les plantes médicinales vont aider à favoriser la fertilité, voire traiter les problèmes de prostate. C'est le cas notamment de la courge, de l'épilobe-mollet ou du palmier de Floride.

Focus sur

le gattilier ou poivre des moines (Vitex agnus-castus)

Commun en Europe, le gattilier est apprécié pour ses fruits qui sont utilisés pour soulager des symptômes mineurs au cours des jours précédant la menstruation (syndrome prémenstruel).

Système nerveux

Les plantes agissant sur le système nerveux peuvent être distinguées en trois grands groupes :

  • les anti-inflammatoires

Les plantes de cette vaste catégorie diminuent souvent l’inflammation et aide donc à calmer la douleur.
Parmi les plantes ayant ces propriétés on compte la reine des près, le saule blanc, ou encore le calendula (en usage local).

  • les antispasmodiques

Ce groupe de plantes aide les muscles contractés à outrance à se relaxer et retrouver leur mobilité. On compte parmi elles la ballote et la lavande.

  • les calmants, sédatifs, céphalées

Aubépine, Pavot de Californie, Houblon, Millepertuis, Mélisse, Passiflore, Valériane, ...

Focus sur

Eschscholzia californica
Eschscholzia californica - © SCECCP, UT3


le pavot de Californie (Eschscholzia californica Cham.)

Originaire des États-Unis, du Canada, du Chili et acclimatée en France, cette plante utilisée entièrement pour traiter le stress mental et pour favoriser le sommeil.

Système respiratoire

Les plantes ayant un effet sur les voies respiratoires sont employées à plusieurs fins.

Certaines ont la particularité de calmer la toux, essentiellement grâce à leur substance végétale gélatineuse. Ces plantes calment donc l’irritation des bronches. C'est le cas par exemple du lierre terrestre, du plantain lancéolé, ou du sisymbre.

D'autres plantes, dites expectorantes, sont souvent riches en substances moussantes, en résines et/ou en huiles essentielles, qui permettent d’améliorer la liquéfaction du mucus produit par les bronches afin qu’il soit plus facile à expulser des poumons. Ces plantes qui facilitent l'expectoration sont la réglisse, le lierre grimpant, le marrube et le thym.

Enfin, contre rhumes et bronchites, certaines plantes aux propriétés antiseptiques et surtout antispasmodiques, permettent de lutter contre les spasmes du système respiratoire (bronches). On compte parmi elles la centaurée, l'eucalyptus, la salicaire, et le sureau noir.

Focus sur

la guimauve commune (Althaea officinalis)

En Europe la guimauve est traditionnellement utilisée en infusion et décoction. Les racines sont ainsi utilisées pour le traitement de la toux sèche.
Il est également possible d'en faire une préparation émolliente (relâchement des tissus) pour soulager l’inconfort gastro-intestinal léger.

Guimauve commune (Althea officinalis)
Guimauve commune (Althea officinalis) - © SCECCP, UT3

Système urinaire

Lorsqu'il s'agit de traiter le système urinaire, les plantes sont sollicitées pour différentes propriétés :

  • diurétiques

En augmentant le débit urinaire et la transpiration, les plantes diurétiques favorisent l’élimination rénale des toxines. Elles provoquent l’augmentation du volume d’urine afin de réguler l’hypertension artérielle.
On compte parmi les plantes diurétiques la grande bardane, la prêle, le frêne, la pariétaire ou encore l'ortie.

  • détoxifiantes

Les plantes détoxifiantes, aussi appelées dépuratives, ont la propriété de tonifier les canaux d’élimination des déchets de l’organisme tels que les voies urinaires (reins), les voies digestives (foie), la peau et le système lymphatique. On retrouve ces propriétés chez la busserole, le genêt à balais, la drosera ou l'olivier.

Focus sur

les orties (Urtica)

Dans la pharmacopée européenne, les infusions et décoctions de racines peuvent être utilisées chez l’homme contre les problèmes urinaires liés à une hypertrophie de la prostate.

Plantes à usage vétérinaire

L'usage vétérinaire des plantes n'est pas uniformément répandu. Bien développé dans des régions comme l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie ou encore l’Amérique du Sud il est justifié par la difficulté d’accès aux soins ou encore par le mode de vie nomade des éleveurs.

Toutefois, de récentes prises de conscience concernant les conditions de vie des animaux, leur bien-être ou encore la manière de les soigner, poussent en Europe vers le développement de méthodes de soins dites « douces ». Cette nouvelle approche, de plus en plus reconnue par la communauté scientifique, permet aujourd’hui à la médecine vétérinaire d’évoluer.

Sur les 255 plantes répertoriées, une vingtaine sont présentées au Jardin Botanique Henri Gaussen.

Quelques exemples locaux

Dans le Gers, l’emploi des plantes pour soigner les animaux est en cours d’apprentissage, voire bien instauré.
Par exemple, la camomille sauvage (Matricaria chamomilla L.) a des propriétés antibactériennes et antifongique (chats et chiens), le cumin (Cuminum cyminum L.) est antiparasitaire, tandis que le chénopode blanc (Chenopodium album L.) est utile contre les douleurs abdominales et les maladies oculaires.

Plantes toxiques

Il existe deux catégories de plantes toxiques.

  • celles ayant une toxicité acceptable

On compte parmi elles les plantes médicinales utilisées traditionnellement dont les effets indésirables potentiels sont supérieurs au bénéfice thérapeutique attendu, ainsi que les plantes dont la toxicité est peu grave avec un traitement adapté.

  • les plantes toxiques

Ce sont des plantes " poison " , notamment utilisées pour chasser ou pêcher et n’ayant aucun usage thérapeutique.

Focus sur

les aristoloches (Aristolochia)

On les rencontre en zone tempérée et tropicale.
Dans la pharmacopée chinoise les feuilles d'Aristolochia fangchi et Aristolochia debilis sont utilisées contre les ulcères et les rhumatismes.

En Europe, les aristoloches, en tant que médicaments, ne sont plus autorisées en raison de leur toxicité. Elles sont interdites depuis 2001 en raison des risques cancérigènes et néphrotoxiques qu'elles représentent.