Plusieurs collections du Jardin Botanique présentent des aspects de la flore sauvage de la région toulousaine.

Il s’agit des :
 
Flore des rues de Toulouse

Un muret de briques et galets nous rappelle la présence d’une abondante flore urbaine spontanée dans les rues de Toulouse, que ce soit dans les fissures et interstices des murs et trottoirs, sur les toits, sous les grilles d’évacuation d’eau pluviale ou les descentes de chéneaux.

Plantes compagnes des moissons

Nielle, bleuet, nigelle de France, dauphinelle de Verdun sont quelques représentantes de ce cortège d’espèces, nommées messicoles, qui a colonisé les champs de céréales dès le Néolithique et s’est répandu dans toute l’Europe en même temps que l’agriculture.
 

Aujourd’hui menacées par les pratiques de l’agriculture intensive, ces plantes font l’objet de mesures de conservation pilotées dans la région par le Conservatoire Botanique des Pyrénées et de Midi-Pyrénées qui, il y a quelques années, a fourni au jardin cette collection sous forme de graines.

Flore des coteaux calcaires

Le Jardin présente une évocation des formations herbacées de coteaux calcaires secs, milieux bien présents dans l’est et le sud de la Haute-Garonne, mais aussi dans tous les départements limitrophes. On peut y rencontrer outre de nombreuses orchidées le romarin, la lavande à feuilles larges, la leuzée conifère, la staehéline et bien d’autres espèces, toutes bien adaptées à la vie sur des sols très peu épais et, ne retenant que très peu d’eau et où le calcaire bloque certains nutriments.

Parcours mousses et hépatiques

Un parcours mousses a été mis en place, invitant à la découverte des mousses et hépatiques naturellement présentes dans le jardin. Une quarantaine d‘espèces de ces petites plantes sans racines ni vaisseaux conducteurs de sève, qui fonctionnent grâce à l’humidité ambiante, sont bien installées sur les troncs d’arbres, rochers, murs et allées du jardin botanique malgré la sècheresse atmosphérique qui caractérise les étés toulousain.

Le Jardin Botanique " déconfiné "

Après plusieurs semaines de confinement, sans visiteur et avec une activité professionnelle restreinte, la végétation du Jardin Botanique Henri Gaussen semble avoir repris ses droits.

Dans la plus grande intimité de mars à juin 2020, celles qu'on appelle vulgairement " mauvaises herbes " ont pu s'épanouir. Alors qu'habituellement les activités d'entretien réalisées au Jardin Botanique ne permettent pas l'observation de cette végétation, la voici aujourd'hui mise à l'honneur.
 

Les adventices, qu'est-ce que c'est ?

On les appelle aussi « compagnes des cultures », « mauvaises herbes » ou encore « herbes folles ». Ces différents noms désignent une plante qui pousse dans les cultures indépendamment de l’ensemencement par l’Homme. En effet, cultiver un jardin ou une parcelle agricole, c’est installer des plantes dans un milieu auquel elles ne sont pas adaptées. Les plantes qui, elles, sont adaptées à ce milieu s’y réinstalleront spontanément, souvent favorisées par le travail du sol, l’arrosage et les apports en nutriments.

Indésirables pour beaucoup de jardiniers car rentrant en compétition pour les ressources avec les plantes cultivées, elles sont de bonnes indicatrices de certaines caractéristiques du sol : nutriments, humidité, acidité etc. Elles favorisent aussi la biodiversité en servant d’habitat pour les êtres vivants, notamment les pollinisateurs ou les prédateurs des insectes attaquant les cultures, ce qui en fait d’excellentes auxiliaires pour les cultures.
 

Quelques exemples d'adventices et de " sauvageonnes " des pelouses

 
Ophrys abeille

Cette orchidée européenne sauvage, vous l’avez peut-être déjà observée entre les mois d’avril et juillet dans les prairies.
L’Ophrys apifera doit son nom à la ressemblance observée entre ses fleurs et son pollinisateur.

Attention : elle peut être protégée dans certains pays ou départements.

Orchis bouc & Orchis pyramidal
Deux autres membres de la famille des Orchidaceae ont pointé le bout de leur nez.
 

Himantoglossum hircinum, aussi appelée Orchis bouc, dégage en effet une odeur forte à laquelle elle doit son nom commun. Cette fragrance n’en est cependant que plus efficace pour attirer les pollinisateurs durant sa floraison, de mai à juillet.

Anacamptis pyramidalis, plus connue sous le nom d’Orchis pyramidal, est fréquent en Europe.
De mai à juillet on peut observer ses fleurs regroupées en épi… et plusieurs espèces de papillons qui sont ses pollinisateurs.

Orobanche du lierre

Comme son nom vernaculaire le suggère, l’Orobanche hederae est une plante parasite du lierre. En effet, elle est dépourvue de chlorophylle et n’a donc pas d’activité photosynthétique. Toutes les orobanches présentent cette caractéristique et doivent donc tirer leur nourriture des racines d’autres plantes, en l’occurrence le lierre.

Liseron des champs

Le liseron a hérité de nombreux surnoms référant à sa grande fleur blanche, qui apparaît de février à juin, comme « robe de la Vierge » ou encore « clochette champêtre ».
Utilisée pour ses propriétés laxatives, c’est aussi une plante grimpante et rampante qui se propage dans les champs, les jardins et les chemins.

Luzerne lupuline & Luzerne d’Arabie

On observe dans le jardin ces deux espèces de Fabacées en fleur dès le mois de mai.
 

Souvent couchée dans les prés ou au bord des routes, Medicago lupulina, plus communément appelée Luzerne lupuline ou Minette, est également une plante fourragère fréquemment utilisée et donc cultivée à cet effet.
On peut observer ses petites fleurs jaune jusqu’au mois d’octobre.

Medicago arabica, de son nom commun Luzerne d’Arabie ou Luzerne tachetée, a de petites inflorescences en tête sphérique qu’on peut observer de mai à juillet.
C’est également une plante fourragère appréciée comme beaucoup de plantes de ce genre.
Elle est remarquable par ses gousses en spirales hérissées de pointes.

Porcelle enracinée

Semblable à un pissenlit, l’Hypochaeris radicata, plus communément appelée Porcelle enracinée, colore les pelouses de ses capitules jaunes en été.

Ses feuilles sont comestibles pour les hommes, mais aussi pour les animaux. Elle peut toutefois provoquer des intoxications chez les chevaux.

Trèfle blanc

Présent dans beaucoup de prés et de pelouses français, Trifolium repens est l’une des espèces les plus répandues de son genre et fleurit de mai à octobre.
Riche en protéines, il est de la famille des Fabacées avec les fèves, les pois ou encore la luzerne et sert à l’alimentation des ruminants.

Chardon à têtes denses

Cette plante commune, notamment en bordures de routes, nous offre ses fleurs à voir de mai à août.
Très proche de Carduus tenuiflorus, Carduus pycnocephalus s’en distingue néanmoins par la quantité moindre de ses capitules (type d’inflorescence).

Vulpie queue-de-rat

La Vulpie queue-de-rat (Vulpia myuros) est une espèce de la famille des graminées (Poaceae) assez commune, notamment sur des terrains sablonneux.
Sa floraison s’observe de mai à juillet.

Fétuque raide (Catapodium rigidum)

On trouve fréquemment cette espèce de graminée présente en petites touffes dans des lieux généralement plutôt secs et ensoleillés.

On l’observe en Europe méridionale et centrale, mais aussi en Asie occidentale et en Afrique septentrionale.

Poireau sauvage (Allium polyanthum)

Parfois surnommé « asperge du pauvre », tout se mange dans le poireau sauvage.
Originaire du bassin méditerranéen, il a une apparence très semblable au poireau cultivé et se consomme de la même manière.
Le genre Allium comporte aussi d’autres plantes comestibles telles que l’ail ou la ciboulette.

Torilis noueux (Torilis nodosa)

Connu sous le nom de Manchotte, le Torilis noueux égaye les friches avec ses fleurs blanches ou rose de mai à août.
Bien que commun dans l’ouest de la France, il se fait plus rare dans l’est.
Il est très courant dans les gazons mais on ne le remarque que si on arrête la tonte.

Rostraria à crête (Rostraria cristata)

Cette graminée à l’inflorescence compacte formant une petite touffe se rencontre souvent dans le sud de la France.
Elle se plaît autant dans les cultures en jachère que dans le milieu urbain : on la retrouve sur les trottoirs et pavés d’avril à juin.